Des voix et encore des voix…
Publié par goelen le 11 décembre 2009
ARNAUD CATHRINE, LA DISPARITION DE RICHARD TAYLOR, Folio, 2008, 214 pages. Genre : roman polyphonique.
Il y a des auteurs que l’on connaît de nom, sans avoir jamais lu une page. Et pourtant vous feuilletez ses romans dès que vous tombez dessus. Des auteurs qui nous paraissent sympathiques parce qu’il s’associent à des gens qu’on aime bien. Toujours rien lu pourtant. Et puis, une rencontre a lieu dans une bibliothèque. Vous y allez pour voir et pour savoir ce qui vous attire chez lui, sans l’avoir lu. Vous en ressortez avec deux romans, un adulte, un jeunesse et une date à retenir, celle où il joue son spectacle dans votre ville. Convainquant.
Richard Taylor est entouré de femmes qui l’ont bien connu, croient le connaître ou l’ont juste croisé. Lorsqu’il disparait sans vraiment donner d’explication, elles vont tour à tour nous parler de lui, essayer de comprendre comment il en est arrivé là. Sa femme, Susan, est la plus incrédule et la plus désemparée. Elle reste seule avec leur petite fille, à peine 6 mois. Sa mère, Jean, qui se demande bien ce qu’elle a fait pour mériter un fils pareil. Pas très aimante et très égocentrique. Il y a aussi la collègue amoureuse, l’amie transexuelle, la voisine de palier qui déclenche tout sans le savoir, la soeur, deux inconnues au passage rapide dans sa vie, la dramaturge suicidée Sarah Kane et une vieille voisine envahissante. Toutes vont nous raconter le Richard Taylor qu’elles ont connues.
L’intérêt du romans à plusieurs voix est de nous faire découvrir un personnage, une histoire sur tous ses coutures, les positives et les négatives. Chacun possède un morceau du puzzle qui nous permet de comprendre. Chacun a une voix et un timbre différents, une émotion propre. Arnaud Cathrine réussit à faire parler onze voix féminines. Elles ne se ressemblent pas. J’ai visualisé chacune d’entre elles, sa posture, sa voix, sa façon de s’habiller grâce à leur façon de parler. Pas facile pour un homme de se glisser dans la peau d’une femme mais pari réussi ici. La crise d’identité du personnage est bien rendu. On comprend Richard même si sa disparition est lâche (quelle fuite ne l’est pas me direz-vous?). Et on tourne les pages sans s’en rendre compte. Son prochain roman sort en janvier 2010, je le lirai. Et oui, j’irai le voir chanter avec Florent Marchet. Et oui, j’irai lire ce que Sarah Kane a écrit. J’aime les auteurs qui me donnent envie d’en découvrir d’autres…
Bonne lecture !
Crédit photo : Folio.
antigone a dit
Je l’ai rencontré lors d’une lecture sur Virginia Woolf qu’il admire… C’est en plus d’être un jeune auteur talentueux, quelqu’un de très sympathique !!
goelen a dit
Tu as bien raison, je viens de recevoir ton livre voyageur. Dès que j’ai fini mon livre en cours, je m’y plonge. Merci!
Eugénie a dit
Pareil, je connais cet auteur de nom sans jamais avoir ouvert un de ses livres….
Mais ta critique m’emballe et je le note avec plaisir !!!
Merci !
goelen a dit
De rien, j’espère que ça te plaira…