De livres en livres

"Lire comme respirer est une fonction qui nous définit" Alberto Manguel

Retour aux sources…

Posté par goelen le 19 novembre 2009

MAJ SJÖWALL ET PER WAHLÖÖ, LE POLICIER QUI RIT, LE ROMAN D’UN CRIME, Rivages noir, 328 pages, 2008. Traduit par Michel Deutsch. Genre : une nouvelle série de polar du froid.

J’ai entendu parler de ce couple d’écrivains qui travaillait à 4 mains pour la première fois en tout début d’année 2008 par la cousine de mon amoureux. Elle venait de découvrir la série et les lisait tous à la suite. Elle m’a offert celui-ci (n’ayant pas trouvé le premier dans sa librairie).

Martin Beck travaille à la brigade criminelle de Stockholm. Le pire, il l’a vu. Mais les criminels peuvent toujours mieux faire. Un soir pluvieux et froid de novembre, les passagers d’un car sont massacrés au fusil-mitrailleur. La police est sur les dents, l’opinion publique aussi. Meurtre gratuit ? Déséquilibré ? Vengeance ? Tout est envisagé. Tout est passé au crible. Une chose secoue la brigade criminelle plus que les autres. Un des leurs fait parti des victimes. Il n’était pas en service mais portait son arme. Entre mensonges et vérités, difficile de se frayer un chemin. Et comme à Stockholm, rien n’est jamais tranquille, ça ne risque pas de s’arranger.

Quelle est l’explication ? Pourquoi les écrivains du Nord sont-ils si bons pour écrire des polars ? Je me suis encore retrouvée à me coucher à point d’heure comme dirait ma grand-mère car je ne voulais pas lâcher ce livre. Besoin de savoir, de continuer, de rester dans le froid suédois (ok, sous ma couette avec une couverture mais quand même). Si j’avais eu à portée de mains un autre de la série, je l’aurai même commencé. Encore un polar bien écrit, un flic doué mais pas très attachant de premier abord, humainement parlant. Une ambiance glaciale et chaotique (Stockholm ne semble pas une ville très sure dans les années 60) comme on les aime pour fouiller le passé des victimes, peut-être pas si victimes que ça… Je veux lire les autres !!!

Merci à Julie pour le cadeau et bonne lecture aux autres!

Crédit photo : Editions rivages noir

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Et un de plus…

Posté par goelen le 18 novembre 2009

MICHAEL CONNELLY, LES EGOUTS DE LOS ANGELES, Points, 461 pages, 1993. Traduit par Jean Esch. Genre : nouvelle série policière en vue.

Flagellez-moi, je n’avais pas encore fait la connaissance avec Harry Bosch jusqu’à maintenant. Aimant commencer par le début (quelle originalité), j’ai lu la première aventure du fameux Harry.

Un corps est retrouvé dans un tunnel de LA. Tout le monde voit déjà l’affaire résolue, un simple “toxico”, quand Harry Bosch débarque et reconnait un de ses anciens collègues du Vietnam. Tout se complique quand Harry fait le lien avec un cambriolage.

Je succombe assez facilement aux inspecteurs bourrus et traumatisés. Malgré quelques petits défauts (des détails un peu gros) mais pardonnables, cela a marché encore une fois. Me voilà prise dans une autre série policière. Et ce n’est pas près de s’arranger, vu que je projette de me rapprocher d’Adamsberg et d’Harry Hole. Priez pour moi, je suis perdue (volontairement c’est vrai)!

Bonne lecture!

Crédit photo : Editions Points.

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Huit femmes mais pas d’Ozon…

Posté par goelen le 16 novembre 2009

CARLO FRUTTERO, DES FEMMES BIEN INFORMEES, Pavillons poche Robert Laffont, 2008, 275 pages. Traduit par François Rosso. Genre : huit femmes, un cadavre.

Non ce n’est pas le roman qui a inspiré le film de François Ozon mais il m’y a fait penser.

desfemmesbieninformees@carlofrutteroUne jeune roumaine, Milena, est retrouvée morte dans un fossé, habillé en prostituée. Jeune mariée d’un banquier respecté, son meurtre (car il s’agit bien de ça) provoque l’émoi de la petite communauté. Huit femmes qui ont croisé Milena de près ou de loin, nous parlent d’elle chacune leur tour. Les éplorées inconsolables se révèlent vite suspectes pendant que la journaliste et la carbinière mènent l’enquête. Que s’est-il passé ?

Vous le savez maintenant, je suis une inconditionnelle du roman à plusieurs voix. J’aime sa construction, sa pluralité, sa densité. Celui-ci avait tout pour me plaire et ce fut le cas. On enchaîne les monologues des femmes pour comprendre ce qui s’est passé. Elles ont chacune leur propre façon de s’exprimer, leurs angoisses, leurs craintes et bien entendu leurs secrets. Je suis toujours admirative d’un homme qui sait si bien faire parler les femmes (même si leurs portraits ne sont pas très flatteurs). Mon seul bémol : l’auteur aurait pu encore rendre ses personnages plus hypocrites et plus antipathiques.

Carlo Fruttero avait l’habitude d’écrire à 4 mains avec Franco Lucentini. A la mort de ce dernier, il n’a pas pu se remettre à écrire avant 4 ans. Il a bien fait de s’y remettre. Tiens, si j’allais jeter un oeil aux oeuvres du duo ? Histoire d’agrandir ma LAL…

Bonne lecture!

Crédit photo : Robert Laffont éditions.

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Comment ne jamais aller voir un psy en 10 leçons…

Posté par goelen le 12 novembre 2009

DAVID LODGE, THERAPIE, Rivages poche, 498 pages, 1998. Traduit par Suzanne V. Mayoux. Genre : je me plains, tu me plains, il se plaint.

thérapieJusque là, David Lodge était promesse d’un bon moment de lecture entre personnages savoureux et humour anglo-saxon. Jusque là, ses romans ne me duraient jamais bien longtemps. Jusqu’à celui-ci.

Lawrence Passmore est un angoissé chronique qui aime se plaindre. Auprès de sa femme, de ses collègues de travail, de ses différentes thérapeutes (il en a plusieurs, manque d’efficacité, non ?). Pourtant, il le dit lui-même, il a tout pour être heureux, une femme superbe, un boulot qui lui plaît (scénariste pour une sitcom qui marche bien auprès du public), une liaison platonique (là, je saisis pas bien le concept) et beaucoup d’argent pour faire ce qu’il veut. Et une douleur au genou qui déclenche tout. Sa femme le quitte, la série est en danger et sa vie sexuelle aussi. Comment rattraper tout ça si ce n’est en voyant une psy, en faisant de l’acupuncture, et de l’aromathérapie ?

La première chose qui m’a beaucoup agacée (et là, Lodge n’y est pour rien) est une faute de traduction. Et pour que je la voie, elle est forcément énorme, vu ma connaissance de l’anglais. La traductrice a employé le mot série au lieu de saison. Ça n’a l’air de rien comme ça, mais répété des dizaines de fois dans tout le roman, ça a de quoi énerver, surtout quand vous êtes comme moi, une série addict et qu’on vous la fait pas sur la différence entre saison et série (d’autant que ça embrouille un peu le propos)! Passons, la deuxième chose qui m’a carrément fait sauter des pages, ce sont les références à Kierkegaard. Passmore se prend de passion pour le philosophe et comme c’est le narrateur, ils nous tartine des paragraphes entiers sur sa vie qu’il met en parallèle avec la sienne. Un peu téléphoné comme procédé non (tiens, comme mon expression)? Bref, énervant et ces digressions ne font pas avancer l’histoire. Enfin, le personnage principal lui-même est à claquer (je suis non-violent mais quand même). Il ne fait que se plaindre, reproche son inertie aux autres et n’est pas vraiment cohérent (j’ai vu venie la fin à des kilomètres et pourtant, je ne trouve toujours pas ça logique).

Ceci dit, je suis allée au bout car j’aime l’écriture de Monsieur Lodge, son humour et sa façon de critiquer la société sans en avoir l’air. Alors le prochain (oui, car il y en aura un prochain malgré tout) devra être au niveau de ceux qui m’avaient donné envie de lire tout Lodge. Non mais!

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Les sanglots de l’Automne

Posté par goelen le 11 novembre 2009

Pour fêter mon retour parmi vous, Emeraude m’a soumis ce tag sur les choses de mon Automne. cela fait bien longtemps que je ne me suis pas pliée à l’exercice. Essayons de dire des choses intéressantes…

1. Mon neveu. Et oui, il vient juste d’arriver. Il est évidemment magnifique, tout mignon, tout éveillé, tout craquant. Un petit bout ça change tout (formidable rime, n’est-ce-pas ?). Et puis pour élargir, ma famille rythme cet automne entre une naissance, des noces de diamant à fêter et une maman qui nous a fait une belle frayeur!

2. Ma recherche d’emploi. Pas très fun, j’en conviens mais essentiel. Il est plus que temps que je trouve enfin un poste, sinon je vais devoir me tourner vers n’importe quel boulot pour pouvoir manger ( vive les fins de droits assedic).

3. Les soirées entre amis. Après deux ans d’exil dans une contrée fort jolie mais pauvre en rencontre, retrouver les copains pour des soirées complètement folles ou très sages (celles-ci sont moins nombreuses, allez savoir pourquoi ?) est un vrai bonheur. On multiplie les occasions, on en profite et on revit!

4. Emilie Simon. Parce que je ne résiste pas à sa voix, parce que son dernier album passe en boucle, parce qu’elle vient en concert à côté de chez moi et que enfin je peux aller la voir sur scène. J’ai hâte, vivement décembre!

5. La lecture. Oui je triche car c’est toute l’année mais je fais ce que je veux, c’est mon tag après tout. Na!

6. Ma maison. Parce qu’on a emménagé fin août mais qu’il reste toute la décoration murale à faire, parce que certains meubles ne sont pas encore retapés, parce qu’on doit encore s’attaquer au potager et parce que les 2 chambres ne sont pas encore vraiment organisées. Oui, oui, on mets du temps mais on a fait des travaux faut dire.

7. Ma 2CV. Parce que c’est un des plus beaux cadeaux qu’ont pouvait me faire (on a déjà réalisé un de vos rêves?), parce qu’elle est vert bambou avec des phares carrées, parce qu’elle a trop la classe quand elle roule, parce que j’ai une décapotable (hé oui, pas besoin d’avoir un coupé sport) et parce que mon amoureux s’est vraiment surpassé pour y arriver.

Et parce qu’il n’y a pas de raison qu’elle passe à travers, Choupynette si tu veux bien t’y coller!


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Une berceuse un peu moins douce…

Posté par goelen le 9 novembre 2009

PANAIT ISTRATI, NERRANTSOULA, L’imaginaire de Gallimard, 160 pages, 2009. Genre : une récit d’enfance et d’amour.

nerrantsoulaCela fait longtemps que j’avais envie de découvrir la littérature roumaine et cet auteur particulièrement (ces œuvres chez Phoebus me font de l’œil depuis un certain temps). Une de mes amis est mariée avec un roumain, j’avais envie d’en savoir un peu plus. Alors quand ma libraire préférée m’a parlée de celui-ci, je n’ai pas hésité.

Marco, le jeune narrateur au début de l’histoire, vit près du Danube, source de vie mais aussi de morts à cause de ses crues très violentes. Il tombe amoureux d’une jeune orpheline qui gagne sa vie en livrant de l’eau, d’où son surnom un peu moqueur par la population sacadgitza, la porteuse d’eau. Lui préfère l’appeler Nerrantsoula (j’aime la sonorité de ce mot), en référence à une berceuse qu’elle chante tout le temps. Ce jeune garçon est touchant par l’amour inconsidéré qu’il porte à cette demoiselle, convoitée de toutes parts et particulièrement Epaminonda, le grec, adversaire redoutable.

Nous allons suivre ce trio sur plusieurs années, jusqu’à un âge adulte avancé. Nerrantsoula papillonne, ne choisit pas. Elle a un caractère très fort qui la fait rester libre d’aller où elle veut et avec qui elle veut. Elle disparait, revient, rien de tel pour rendre fou d’amour et mélancolique un amoureux déjà transi.

La langue d’Istrati est belle et douce comme une berceuse même si son propos est loin d’être naïf. Ces œuvres vont bientôt rejoindre mes étagères je pense, d’ici quelque temps tout de même, histoire de laisser souffler ses planches.

Bonne lecture!

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Challenge or not challenge…

Posté par goelen le 5 novembre 2009

Le retour dans la blogosphère comporte des avantages (les gentils mots des copines) et des inconvénients (la tentation à tous les coins de blog). De nombreux challenges ont fleuri partout. On a beau essayer de les contourner pour ne pas se laisser avoir, mission impossible. Je me suis fait avoir 3 fois et en beauté. Les fautives ? Karine, Theoma et GeishaNellie.

Combiner la SF, la littérature anglaise classique et les coups de cœurs de la blogosphère, c’est possible. Et surtout un très bon moyen de vider mon étagère. Et oui, parce que venant de déménager, j’ai eu l’idée saugrenue (quelquefois, je devrais éviter de réfléchir) de consacrer des étagères aux livres lus et un bout aux livres non lus. Évidemment, ça ne s’est pas du tout passé comme prévu, les non-lus prennent un étagère entière qui déborde de partout (plus quelques cachés sous ma table de nuit) alors que les livres lus ont de la place pour respirer. Branle-bas de combat, ça ne peut plus durer, je dois vider cet étagère (l’espoir fait vivre il paraît et la lecture aussi, ça tombe bien).

Je vais donc profiter de ces challenges pour piocher UNIQUEMENT dans mon étagère pleine et retrouver un peu de place pour les suivants (comme tous les ans, je travaille en librairie à Noël, autant dire que la tentation est à son comble).

Je vous ferais part de mes choix de lectures au fur et à mesure que j’aurais fais le tri des livres compatibles avec mes 3 challenges qui sont :

EnglishClassicsMaxi-copie-1

 

défi sf

 

coup de coeur blogo

 

Et vous challenge or not challenge ?

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La chaîne du livre 6/25

Posté par goelen le 3 novembre 2009

JAMES FREY, Mille morceaux, 10/18, 602 pages, 2006. Traduit par Laurence VIallet. Genre : récit autobiographique d’une désintoxication.

mille morceauxCe livre est le choix de Levraoueg. James Frey revient sur son parcours de toxicomane et son combat contre sa dépendance grâce à un centre de désintoxication très réputé. On croise des personnages tous plus détruits les uns que les autres, les 12 étapes qui mènent vers la rédemption. Miles, Léonard, Lilly, Ted, Roy et bien d’autres ont tous essayé.

Ce récit est très dur. L’auteur raconte sans concession son expérience douloureuse et son retour à la réalité. Attention aux âme sensibles, les premières pages sont difficiles à passer. Pour les autres, tentez le coup jusqu’au bout car ce témoignage vaut vraiment le détour!

Bonne lecture…

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Non, je ne suis pas morte…

Posté par goelen le 3 novembre 2009

Je croyais ne jamais revenir ici depuis le temps que j’ai laissé cet espace en jachère. Mon dernier billet date de 3 mois. Il s’en ai passé des choses qui m’ont tenu loin d’ici. Dans le désordre un déménagement, un grand anniversaire, du boulot, des travaux, un mignon tout beau petit nouveau, des frayeurs sur la santé de mon entourage et surement l’envie qui s’est émoussée au fil du temps.

Mais voilà, le partage de mes lectures, les échanges dans vos commentaires me manquent. Alors même si j’ai continué à visiter vos blogs de temps en temps (sans laisser de commentaires), cela ne me suffit pas. J’ai de nouveau envie de publier ici des billets sans contrainte de temps ou de sujets et de vous retrouver tout simplement.

J’ai profité de ma “retraite” pour lire à un rythme plus lent que d’habitude mais j’en ai gardé plus de choses. Je vais continuer sur le même rythme, tant pis si je dois poster moins qu’avant.

Goelen de retour alors qui y croit ?

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La beauté de l’Afrique du Sud…ou pas !

Posté par goelen le 3 août 2009

CARYL FEREY, ZULU, Série noire Gallimard, 2008, 393 pages. Genre : crime au pays du sida et des zoulous.

zuluBabelio et Guillaume m’ont permis de me replonger dans l’œuvre de Caryl Férey, que j’avais découvert avec Utu.

Ali Neuman a connu les atrocités de l’ANC. Il est devenu flic après avoir connu l’horreur, l’indicible. Chef de la police criminelle, il doit résoudre une affaire de meurtre. Une jeune fille blanche est retrouvée morte atrocement mutilée. Crime raciste ? Drogue ? Sida ? Rien n’est jamais tout à fait simple ni évident dans ce pays et les vieilles croyances et déchirures jamais très loin.

La plume de Caryl Férey est sans concession, sans non-dits. Ce qu’il fallait pour aborder le sujet de l’Afrique du Sud, pays rongé par la violence, la corruption, les guerres fratricides et le sida. Âmes sensibles s’abstenir, les mots sont crus et les tortures minutieusement décrites, rien ne nous est épargné. Un très bon thriller, à l’intrigue bien ficelée qui ne s’essouffle jamais.

Bonne lecture !

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